Le sport mieux que le Prozac

Grisaille, journées qui se raccourcissent… Certes une déprime n’a rien à voir avec une « vraie » dépression. Une heure d’exercice physique modéré, c’est bien plus sain que tous les psychotropes !

Coup de blues passager, grosse fatigue, tristesse, idées noires ou dépression installée… Il n’y a pas une, mais plusieurs formes de dépression. En fait, différents éléments traumatiques ou simplement déclencheurs peuvent entraîner la personne dans une spirale descendante. N’ayant plus de ressort pour réagir, elle se culpabilise de ne pas arriver à s’en sortir. Résultat, c’est la perte de confiance en soi. Sans énergie, elle n’a plus le courage d’entreprendre des activités, de s’impliquer dans son travail ainsi que dans les relations avec ses amis. En menant une vie au ralenti, la personne a l’impression d’être en décalage. Comme si elle allait à un autre rythme que tout le monde. Idem du côté intellectuel. Le manque de concentration, la difficulté à la mémorisation… tous ces symptômes cachent aussi de vrais problèmes dépressifs. Cet état n’est, en aucun cas, une faiblesse de caractère ou un manque de volonté.

Pour soigner ces maux de l’esprit, la médecine occidentale préconise deux grands axes : la psychothérapie et les psychotropes. Ces derniers modifient la chimie du cerveau, privilégiant la sécrétion des neuromédiateurs qui favorisent la bonne humeur. Malheureusement, ces médicaments sont trop facilement prescrits pour traiter des troubles bénins tels qu’un coup de cafard, une déprime passagère, des difficultés à s’endormir, ou encore une phase délicate à passer. Aujourd’hui, nous sommes dans la surconsommation.

Pourtant, à lui seul, le médicament ne fait que masquer le mal-être. Quand on souffre de dépression, faire du sport peut être la dernière chose à laquelle penser. Pourtant, il aide à se sortir de cette inertie. Selon de récentes études, ses bienfaits curatifs ne se limitent pas seulement au corps, mais s’étendent aussi à la tête avec ses effets antidépresseurs et anxiolytiques. D’ailleurs ne dit-on pas « un esprit sain dans un corps sain » ?

Un sérieux psychotrope

« L’exercice physique fait du bien essentiellement chez le déprimé «secondaire». Chez celui qui est un peu fatigué de certains épisodes de la vie et ceux qui sont déprimés simples. Pas chez les personnes qui ont une psychose maniaco- dépressive, mais plutôt qui ont tendance à être « Caliméro » dans la vie », explique le docteur Christophe Delong.

Dans cette existence au rythme effréné, où nous devons jongler entre le travail, la vie de famille et les impératifs domestiques, les heures passées à pratiquer un sport sont de véritables moments de détente et vont jouer sur l’humeur. « La sécrétion de cortisol circulant et d’adrénaline augmente. L’insuline est régulée. Au bout de vingt-cinq minutes, il y a les fameuses endorphines. Dès que nous recevons une décharge de l’une ou de l’autre de ces hormones, nous ressentons une sensation de bien-être. Et avoir des joies dans une journée n’est pas donné à tout le monde. Certains ne le connaissent pas et le découvrent par le sport. Et qu’ils puissent se dire : c’est tout de même beau la nature ! Je trouve ça pas si mal. » À cela, il convient aussi d’ajouter les effets de l’ambiance générale. « Dans le cirque du sport, il y a une libération d’androgènes chez les garçons comme chez les filles. » Sachant qu’au fur et à mesure de la pratique, il y a une meilleure circulation sanguine, nous comprenons mieux pourquoi il nous rend parfois dans un état second, euphorique…

Le sport permettrait aussi d’augmenter le niveau de certains neurotransmetteurs présents dans le cerveau chargés de nous donner la pèche. « Après la barrière hémato-encéphalique, se trouvent des neuromédiateurs. Ces derniers sont présents en quantité variable selon les patients, avec des récepteurs pour ces transmissions entre les neurones, à travers les synapses. Ces neurotransmetteurs augmentent soit en nombre de récepteurs, c’est-à-dire en capacité à être réceptifs ; soit en quantité circulante, avec l’aptitude à venir solliciter chacun des neurones, en particulier la dopamine et la sérotonine. Ces dernières étant des régulateurs de l’humeur. » Meilleur sera l’état d’esprit, moins nous serons déprimés. Une heure d’exercice physique modéré, c’est bien plus sain que tous les somnifères, anxiolytiques ou antidépresseurs du monde ! « Le sport agit par le même mécanisme que tous les nouveaux psychotropes, qui sont dopaminergiques ou séroténergiques. »

Quels sports pratiquer ?

Tous peuvent lutter contre la dépression.

Ceux dits « d’endurance » sont vos amis pour retrouver le moral. Marche rapide, jogging, ski de fond, les sports en salle de type « cardio », mais aussi aérobic (step, body combat, body attack, biking, etc.)… Pourquoi hésiter à se mettre ou à se remettre au sport, lorsque l’on sait aussi que la quantité d’endorphines peut atteindre cinq fois celle de repos, seulement après 30 à 45 minutes d’effort ? Sans compter que d’autres chercheurs ont démontré à l’aide d’un électroencéphalogramme (mesure de l’activité du cerveau) que certains sports tels que la marche, la natation, la course à pied, ou encore le roller, augmentent l’activité des ondes alpha dans le cerveau. A ce rythme, qui oscille entre 7 et 14 cycles par seconde, les deux hémisphères arrivent à fonctionner ensemble dans une harmonie parfaite.

Les disciplines dans lesquelles il y a des actions (basket, rugby, football, handball, etc.), ou il y a de la musique, une forte charge… vont augmenter encore plus la sécrétion de toutes les hormones.

Avec l’équitation, la voile ou encore la randonnée, il y a une notion de liberté. Vous respirez. Vous gambadez. C’est de la pure psycho !

Avec les sports outdoor, vous avez l’impression de sortir d’un carcan. Vous avez réussi à échapper au tableau Excel de la journée. C’est une ouverture spatiale.

N’oubliez pas les disciplines relaxantes

La pratique d’une discipline sportive ne suffit pas toujours à nous relâcher profondément et il faut alors recourir à une l’une des nombreuses techniques de relaxation. Plus modérés, le Qi Gong et le Taï Chi sont deux gymnastiques basées sur trois principes : le contrôle du mouvement naturel, lent et détendu; le contrôle de la respiration lente et synchronisée avec le geste; le contrôle de la pensée, qui dirige le Qi, le souffle à l’intérieur du corps. Il est un moyen efficace pour mieux gérer une émotion et un stress, permettant ainsi une meilleure adaptation à l’environnement. Ne l’oublions pas, la régulation du rythme cardiaque par le système nerveux autonome est influencée par la respiration. L’inspiration accélère les battements du cœur, l’expiration les ralentit. Vous comprenez pourquoi, à travers la respiration, le yoga, la méditation, la sophrologie, la cohérence cardiaque sont des techniques de relaxation très efficaces pour gérer les angoisses. À vous de trouver votre solution !

Ma thérapie, c’est le sport…

By Clarisse

Reproduction interdite – Copyright © clarissenenard.com

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s